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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 05:39

La Naissance des Droits

 

« Ce fut un Jour unique, un Quatorze Juillet

Qu'un tocsin sans église le peuple réveillait;

Ou plutôt mieux un chant du haut de la Bastille

Souriant au monde et à la France, sa fille.

 

La Bastille, imposante, fut d'emblée assailli

Par un peuple héroïque, créateur, plein d'histoire

Et dont le sang rebelle, par ses veines jailli,

Menait, de porte en porte, le sceau d'une victoire

 

Ce Bastion, imposant, fut d'emblée assailli

Par un Peuple héroïque, créateur, plein d'histoire

Et dont le sang rebelle, par ses veines jailli,

Menait, de porte en porte, le sceau d'une victoire.

 

Par ci, par là, en fleurit le libéralisme,

Et de l'homme, poète forgeron, le droit humain,

De ses murailles s'écroula le despotisme,

Mais y passèrent Montagnardes et Girondins.

 

De partout sans un deuil pour le commun assaut

A l'insu de grands seigneurs et leurs maîtres,

Ignorant le pouvoir de ce qui allait naître,

Les cloches répandirent leur doux et long écho

Qui vole fièrement au gré du vent encore,

Témoignant à tous que l'éveil tricolore

Se perçoit par-dessus de tout haut nuage

Parce qu'elle tiendra, ferme, son éternel age!

 

Parce que pour défendre ses nobles conquêtes

Depuis le Jour où Paris fut en feu

Quand le sol béni reçut d'un roi ses têtes,

Cette Révolution fut pour tous peinte en bleu!

 

Parce que pour sauver et purifier toute âme,

Soit bien et d'un vieillard, soit bien et d'un enfant,

De n'importe quel homme, n'importe quelle femme,

Cette Révolution fut pour tous peinte en blanc!

 

Parce que pour aimer à jamais cette Patrie

Et montrer que le peuple restera vaillant

Afin d'empêcher qu'Elle soit un jour flétrie,

La Révolution garde la couleur du sang!

 

Soleil qui élargit son feu brave et ardent

Bien au-delà des mers profondes et  frontières

Pour semer sa clarté qu'au fils de tous ces temps

Nous a fait tant grandir, non sans pleurs ni prières.

 

 

Lumière inépuisable qui nous bénit

Et glorifia à jamais une date, un Mardi!

Soleil roi, éternel, qui ça et là nous parvient,

Soit en été bien chaud, soit en rude hiver,

Et montre encore à tous que ce Jour fit du bien

Parce que son éclat parcourt tout l'univers!

 

Peuple digne et glorieux qui sut par un assaut

Dans un Jour héroïque en Juillet de héros

Engendrer sur la terre une si douce sève,

Tu fus un autre Adam, la Bastille, ton Eve!

 

Et esclaves et serfs s'en dressèrent alors;

Autant en fit la femme; et de cette fusion,

Rédemption des âmes qui vivaient sans dehors,

Naquit dans un Juillet une Révolution!

 

Le peuple ignorant donc par l'ombre d'un passé

S'en vit à la tête de l'histoire d'emblée.

Combien d'amers chagrins n'avait-il pas subi

Pour atteindre en un vol un si précieux nid

Où il cuva pour lui et pour tous les autres

Cette France des lois et des droits apôtres.

 

L’homme, par là, fut homme et frère de l'autre homme!

Mais s'il s'en fût appuyé sur la femme, en somme,

Sur les rues, les sillons et sur l'eau de la Seine,

Son sang n'eût pas couru, mais vieilli dans ses veines!

 

«La concorde d'esprit ne serait pas nuisible»,

Nous dirait le poète, «ne tue pas par le fer,

Parce que, et sans tomber dans du risible,

 Par le même coup, mon fils, tu trouverais l'enfer.»

Et si peu ce poète en dirait par ses vers

En dépit de leur force bien par delà des mers,

Que nous parlent les morts des  incorruptibles,

Artisans de tribunes, fils incompatibles

Dont le peuple dévoué aimait tant le discours,

Si éloquent et sage, précis presque toujours,

Qu’il croyait voir, hélas! le spectre de grands rois

Aux aguets dans la nuit, sans couronne et sans croix,

L’un assis sur le trône, l'autre devant l'autel,

Frères du même but voulant rendre éternel

Leur eau sacrée, bénie et divin, l'impôt,

En dépouillant le peuple de sa chair, de sa peau.

 

Et comme en cauchemar, c'était avec effroi

Que le peuple voyait le revenant du roi

Suivi de son cortège, branlant comme écusson

L’impôt et la disette_ soit la branche et le tronc,

Pourtant sans racines, de l'arbre féodal

Defeuillé par ce Paris-là  non automnal,

Mais pour l'homme commun un printemps d'or_

Le régime despote, le retour de la mort!

 

Clergé pieux et nobles, eux tous grands féodaux

Rendant la sueur du peuple en misère et châteaux

Par l'appui de l'église éternisant l'altesse

Par le zèle des rois bénissant la noblesse

 

Le peuple tua, aima e laissa fuir du sang,

Du sien et des frères, la Patrie abreuvant!

Or, cette cécité eût empêché le peuple héroïque

De jouir à outrance d'une gloire sans tort

Si la cause des faits n'eût choisi Thermidor

Pour mettre terme à temps au salut civique.

 

 Pour la Révolution tenir au but suprême

En dépit des pensées opposées à l'extrême

Sans pour autant compter sur un échafaud,

Mais sur les concordes des raisons mieux plutôt

Aurait été sans doute tout un réveil épique 

Et pour la convention tout accord utopique;

Auraient été mieux vus les bons sans-culottes

Et dans tous les jardins, de belles charlottes

Cloraient comme éclot n'importe quelle rose

Qu'au printemps qu'à l'automne, la pluie arrose

Vu que l'histoire montre qu'aucun vrai processus

Sans vacarme ne s'écoule, et le Messie Jésus

En est un clair exemple, que ni foi, ni parole,

Ni amour n'empêchent que la foule s'affole,

Lorsque soudainement, après des nuits sans jours,

La lumière radieuse arrive pour toujours.

 

Et d'après l'héritage de toute connaissance,

De notre humanité son meilleur bon trésor,

Le Quatorze Juillet n'eût empêche la France

De parvenir au but sans vacarme, ni mort;

Et sans l'aube des rois, ni maître, ni nul dévot

N’eurent jamais permis au relais, d'autres rois

D’effacer par le verbe, le trône et les impôts,

Guides du Thiers-Etat, son élite, les bourgeois

Que le raisonnement des sciences et des arts,

Des métiers, inspira à dresser les paysans

Accablés par la dîme, le terrage et champart,

Et d'autres lapidés, les pauvres artisans

Contre les héritiers d'la couronne et d'la croix,

Les seuls privilégiés, divinités mortels,

Faible soutien moral dudit Capet des rois,

Entraves sans légendes des droits naturels.

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