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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 06:03

 

Il y a déjà plus de cinquante ans, la culture cubaine ne corresponde plus au développement naturel et écologique du peuple cubain, due au changement brusque qui eut lieu en 1959, après une lutte armée sanglante entre les cubains. Par la suite, ce changement fut orienté vers le socialisme et une nouvelle culture fut imposée aux cubains, la culture bolchévique. La population cubaine en fut bouleversée totalement. Les cubains commencèrent alors à quitter le pays par l'oppression et par le manque d'opportunités pour ceux qui différaient des partisans de la Révolution. Le peuple cubain, historique et écologiquement monolithique, commençait à se fragmenter.

Cuba, étant un pays sans frontières naturelles avec d'autres terres, posait un risque pour ceux qui avaient décidé de quitter l'Ile parce qu'il fallait franchir la mer pour échapper à l'oppression. Beaucoup en moururent dans la tentative.

 

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Un jour, deux amis à moi, François et Sire, étant à peine âgés de 18 ans, nous quittèrent. Par malheur, ils se perdirent dans la mer où beaucoup de cubains ont trouvé leur dernière demeure. Pour mes deux amis qui ne trouvèrent jamais de rives, j'ai écrit un poème qui apparaît dans le livre « Amen », qu'apparemment l'Eglise Catholique Cubaine fut disparaître pour empêcher qu'on en connaisse le contenu.  Ce poème fait partie du chapitre « Miséricorde » du livre « Amen ».    

 

 

  

Requiem pour un ami

 

    

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Sans vouloir hasarder la mort

Quand tu en allais au devant,

Alors que tu volais au gré du vent,

Tu nous as quittés non sans tort,

 

Tu es parti sans pleurs, non sans foi,

N'étant pas un téméraire,

Mais sans fleur ni croix,

Et sans dire adieu à ta terre.

 

Comme la lune semblait lasse

Dans ce ciel-là, sans une étoile,

Quand tu as pris, hélas,

Vers la nuit, le voile.

 

De la mer presque obscure,

La lune alors dans le haut,

Il te parvenait tel un murmure

T'appelant sans délai vers l'eau.

 

Que t'a-t-il contraint

A quitter ta terre de droit,

Où tous comme un seul humain,

Par le travail, seraient des  rois?

 

Et te voilà comme une épave

Sans but, à la dérive,

 Sans qu'aucune vague n'entrave

Ta danse sans repos ni rive.

 

Autour de toi, tout est quiétude,

Silence; et tu ne te plains

Ni de cette rare solitude,

Ni du soleil ni de la faim.

 

Tantôt sous la pluie

Qui tombe sur ton corps;

Tantôt sous la nuit

Qui le refroidit plus encore.

 

Mais de vague en vague

Tu tiens ta danse;

Et de vague en vague,

Tu payes ta vaillance

Etant entré dans la mer

A la recherche d'un paradis,

Mais un sort amer,

Hélas, t'a trahi!

 

Tu pensais, je crois,

Y trouver, qui sauve, la paix,

Ta renaissance et ta joie,

Je veux dire, ton trophée.

 

Et ton corps n'est plus le même,

Que voilà gisant plutôt,

Ni le but celui que tu aimes,

Condamné sur cette bière, sur l'eau,

Qui, comme des millions de mains,

Soutient ta barque perdue,

T'éloignant du monde des humains,

Vers une terre inconnue,

Mais sans aucune frontière,

Où les femmes et les hommes 

Partagent la même lumière,

N'étant plus ce que nous sommes.

Or, tu ne cherchais pas celle-ci

Quand tu courais vers la mer

Avant de quitter ton monde joli

Où le cœur des vivants, comme fer,

Bat cruel et insensible,

Leur manquant, qui sauve, du feu,

Car y est à peine possible

L'amour sans fin entre deux!

 

Et sans une fleur

Et sans aucun adieu,

Mais sans pleurs,

Vers d'autres cieux,

Sur les eaux ondulées,

Seul sans joie et sans retour,

Sur ton nouveau foyer,

Tu dors pour toujours!

 

  casket with top

 

Triste barque

Où à jamais tu dors,

Sans regard ni remord;

Et sans que tu remarques

Que la mer est plus sainte

Par tant de fleurs "épavées",

Mais non pour autant égarées:

La mer s'en embaume sans plainte!

 

Oh, Divine Vierge "Yemaÿa",

Patronne souveraine des eaux

Des mers et des océans,

Non des fleuves ni des rivières,

Et même non plus des ruisseaux,

Abrite dans ton céans

Et purifie par ta lumière,

Celui qui n'a plus de maître,

Ailleurs venant de naître,

      Où à jamais il aura son alléluia!      

 

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