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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 21:28

AMEN

 

Introduction

 

 

 

 

L'être, l'espèce humaine, sait à peine ce qu'il est, qui il est, parce qu'il oublie ce qu'il fut et ce qu'il sera. Il ignore et il s'ignore soi-même, parce qu'il ne cherche plus; il ne se cherche plus soi-même. Et il abandonne son foyer. Il le perd parce qu'il le néglige de plus en plus, ce foyer nôtre, le monde.

Que lui manque-t-il? Un peu d'amour, d'amitié, de paix, de compréhension, de bien-être, de bonheur, de liberté, ou peut-être de solitude; telle une fleur seule dans un jardin; un oiseau sur la branche d'un arbre sec; un papillon qui vole dans une steppe sans trouver la fleur qu'il cherche; un homme, peut-être un jeune homme, seul dans une barque égarée au milieu de l'océan; ou une personne sans famille dans une grande ville, sans amour. C'est ce que nous appelons solitude. Cependant, il n'en est pas moins certain que tantôt l'homme ou la femme, a besoin parfois d'un tel situation sentiment, je veux dire de solitude, pour penser à soi-même et à tout autour de lui, ou d'elle, à son habitat, c'est-à-dire à la société à laquelle il, ou elle, appartient, l'écosystème humain. C'est quelque chose qui est toujours auprès de nous, la solitude, qui attend pour nous comme un être pensant; quelque chose qui ne s'ennuie jamais soi-même, comme notre monde, notre planète, qui est seul dans l'espace, bien qu'il semble être tout près du Soleil, son régisseur. Et il est là, le monde, à travers le temps, en silence, en solitude.

Lui manquerait-il, à cet être, un peu de foi et de confiance en soi-même?

Donc, en tant qu'être pensant, qu'espèce humaine, mais imparfaite, me manquant quelque chose aussi, je suis à la recherche d'une poésie plus libre et plus humaine, qui soit dépourvue de tout ce qui porte préjudice à tout être, à toi, à moi, ou à quelqu'un d'autre. Une poésie qui l'aborde comme frère, avec amour; qui le considère dans toute son intégrité physique (lui-même, son milieu et son confort, soit son bien-être) et spirituelle (sa conscience, sa pensée, ses idées et sa liberté), cette intégrité spirituelle dépendant de l'intégrité physique.

Une poésie qui lutte à travers son langage poétique pour sauver cet être de tout ce qui le nie, l'ignore ou le plonge dans l'obscurité et l'absurde; ou simplement qui le détourne de la voie d'intégration humaine. Une poésie politique en soi, a partir des besoins de cet être et de ses manifestations spirituelles, parce qu'elle cherche, recherche, découvre, dénonce, compare, critique, satirise, honore, sublime, pardonne, aime, conseille, considère, défend, respecte. Une poésie qui est vérité en soi-même, parce que "la vérité est pour la dire, non pour l'ignorer"(JM) 1. Une poésie engagée, qui respecte l'être, ses idées et ses problèmes humains, sans renoncer à l'aider à trouver ensemble un chemin plus convenable du point de vue humain, à travers de la dissuasion et de la persuasion poétiques, c'est-à-dire le langage poétique proprement dit, parce qu'elle persuade d'aimer, de faire le bien, de travailler pour s'égaler dans la société, de vivre, d'être humain. Et elle dissuade de haïr, de faire le mal, de ne pas  travailler, de vivre pour vivre, parce que:

 

 

C'est mourir soudain,

Vivre pour vivre,

Etant inhumain

Si l'on s'y livre.

 

Aimer s'il faut aimer;

Aimer s'il faut haïr:

Si amour est semé,

On voit amour jaillir.

 

Une poésie qui trouve dans le travail en tant que droit des humains, notamment au moyen de l'équivalence de cette activité vitale, le seul moyen d'affronter et vaincre la faim, la misère et la pauvreté, non seulement pour être cette activité ce qui permet la stabilité de l'existence humaine…,

 

Plus tu travailles;

Plus tu manges copieux;

Ainsi tu travailles mieux

Et tu manges comme les dieux

En éloignant tes funérailles:

A peine ton cœur se voit vieux.

 

mais surtout pour être le travail, énergie qui préserve la condition humaine, la raison fondamentale qui garantie l'évolution de l'espèce savante, du fait que:

 

Notre énergie et talent

Nous tous empêchent

D'être passé au présent,

Pour être futur à temps,

A moins que soient sèches

Nos mains fécondant.

 

Une poésie pour l'amour et l'amitié, parce qu'elle est amour et amitié; une poésie qui, du point de vue conceptuelle, se débarrasse des barrières et des préjugés économiques, sociaux, politiques, idéologiques, religieux, historiques, philosophiques, esthétiques, ethniques, linguistiques, stylistiques, sexuelles et raciales, sans laisser d'être une poésie sociale, politique, idéologique, historique, philosophique, esthétique, etc., et qui, du point du vue stylistique, respecte toute autre poésie, sans renoncer à la structure sonore du vers, c'est-à-dire à l'aspect phonique ou prosodique (la rime, le rythme, l'allitération, etc.), parce qu'elle se veut une poésie libre, conceptuellement et formellement parlant. 

Une poésie pour la paix et la concorde, qui rêve donc de l'humanité intégrée sous le règne du travail, de façon à prévenir toute sorte de guerre et des troubles sociaux, étant ce rêve la meilleure manière d'enterrer définitivement la pénurie, la pauvreté extrême, la misère et l'inaccessibilité au développement culturel universel, causes non seulement des conflits sociaux et fratricides ou d'autodestruction de l'espèce humaine, c'est-à-dire la guerre, mais aussi du surgissement des tyrans comme Batista* 2, des envahisseurs comme Hitler et des terroristes comme Oussama Ben Laden. 3

Une poésie contre la violence et l'oppression physique et spirituelle, individuelle ou collective; une poésie contre toute sorte d'exploitation. 

Une poésie pour le bonheur et l'amour aux enfants et aux êtres du troisième âge, et pour la stabilité de la famille.     

Une poésie pour la jouissance et le loisir de celui qui en réclame et en ait besoin, tel l'ouvrier, poète de son usine, qui nous donne de sa vie; le paysan, poète du champ, qui nous donne de sa vie; le pêcheur, poète de la mer, du fleuve et du lac, qui nous donne de sa vie; le maçon, poète de la ville, qui nous donne de sa vie; l'enseignant, poète de la sagesse, qui nous donne de sa vie; le médecin, poète de la santé, qui nous donne de sa vie et élargit notre existence; le président, poète de la République, qui nous donne de sa vie s'il garantit le bonheur de son peuple; le soldat, poète de la paix, qui nous donne de sa vie s'il prévient la guerre; le héros, poète de l'histoire, qui nous donne de sa vie, en préservant la Patrie; la Belle Jolie, poétise de notre insomnie, qui nous donne de sa vie, en adoucissant notre désespérance, solitude et  quand elle s'y abandonne; le poète, poète de poètes, qui nous donne de sa vie, quand il embellit notre existence.

Une poésie pour le développement technologique et scientifique, visant la consommation, la santé, le confort et l'émancipation des humains. 

Une poésie pour un monde plus sain, durable, soutenable et équilibré, du moment qu'elle prône la conservation de la vie animale et végétale, terrestre et aquatique; pour la conservation du foyer de l'être humain: les villes, les villages et les maisons, cela veut dire l'écosystème humain, dans la biodiversité où il se développe, et où le rapport travail-consommation-loisir se tienne libre et en harmonie; ce qui serait possible par l'harmonie entre le travail et son équivalence universelle, plus ou moins satisfaisante, selon le niveau technique que l'être aurait atteint. Et ceci permettrait une meilleure garantie pour la satisfaction et la stabilité psychologique de l'espèce humaine et pour la conservation  et durabilité Terre que Dieu lui a créée, avec sa flore et sa faune, si belles et nécessaires pour l'harmonie, la préservation et la constante évolution de la biodiversité universelle.

Une poésie pour l'intégration des humains, son rêve, comme a-t-on dit, toutefois leur nationalité, leur culture, leurs mœurs, leur langue, leur âge, leur sexe, leur race et conservation leur niveau social et économique; ce dont les pays du Vieux Continent sont un digne exemple à suivre, pour être devenus l'Union Européenne, réflexe de nouveaux airs libéraux, comme résultat de "la qualité et la quantité" du développement des force productives, permettant, par conséquent, des relations de production, distribution et consommation plus dynamiques et satisfaisantes.

Une poésie pour le respect à la propriété, à la liberté et à l'intimité.

Une poésie dont l’envisagement n'est pas politique, bien qu'elle défende l'être humain et affronte ce qui nuit à celui-ci, moyennant la dissuasion et la persuasion, n'étant terme, mais moyen, cette poésie.  

Une poésie qui s'exprime non seulement à travers elle-même en tant que poésie, mais aussi à travers d'autres manifestations culturelles, du moment où ces manifestations constituent un réflexe de cette nouvelle poésie, si elles cherchent, recherchent, découvrent, comparent, honorent, critiquent, aiment, aident, etc. 

Une poésie raisonnable et non passionnelle. Poésie dynamique et pragmatique, parce qu'elle est pratique, et par là, dialectique. 

Une poésie, évidemment, chrétienne, qui se manifeste à travers la pensée, non à partir d'une idéologie théologique, mais d'une aptitude chrétienne de l'être humain vis-à-vis de soi-même, de la société et de la nature, parce que cette poésie considère le christianisme, non pas comme une conscience ou une idéologie suprême de l'humain, en tant que conscience chrétienne, mais comme une aptitude suprême et réelle; ce qui constitue le fondement de la conscience chrétienne, le bien-être humain y jouant un rôle nécessaire. Et elle est donc chrétienne, du fait que la Bible la nourrit d'enseignements pratiques, souvent à son insu, parce que quiconque prône l'amour, l'amitié, la concorde, et la fraternité entre les humains, soit-il dévot ou non, n'en est pas moins biblique et chrétien. Chrétienne parce qu'elle cultive la Rose américaine, Rose divine, la Rose Blanche de José Marti, pour qui en ait besoin, en dépit du pécher qui atterre.

Une poésie qui prend la Terre comme foyer de tout être, sa Patrie unique, vaste étendue, et la race humaine, sa nationalité.

Enfin, une poésie cosmopolite, franche et sincère; une poésie de l'être pour l'être en tant qu'être dans son monde nécessaire.

Et cette Nouvelle Poésie, celle que je cherche et dont j'ai besoin, se trouve, dans une certaine mesure, dans ma poésie, qui, à son tour, a besoin de compréhension, d'amour et de ta poésie, laquelle lui donne plus de vie, si elle, ta poésie, ne s'en sent pas moins engagée envers l'humain, du point de vue social et psychologique, comme la mienne elle-même.

 

Angel R. Almagro, le 17 avril 1991.

Modifié et enrichi le 4 Octobre et le 30 Novembre 2001

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 07:46

 Angel.png

 

Au début  des années quatre-vingt-dix, en pensant au monde que Dieu nous avait conçu quand Il créa le Paradis*, et à celui dans lequel nous habitons, une grande confusion m'envahissait et me bouleversait spirituellement. Donc, il me vint à l'esprit l'idée de créer, à travers la poésie, un programme, qui même en rêve, m’approchât du monde édénique, tout en approchant ce monde-ci, à son tour, au nôtre, humain et imparfait. C'est là, la raison de la nécessité du programme ou projet de la Nouvelle Poésie, qui n'en est pas déjà moins certaine, parce qu'à partir de celle-ci je commençai à écrire l'œuvre AMEN.

 

L'œuvre AMEN fut conçue en 1991. Malheureusement, en vivant dans un pays sous un régime totalitaire, et par des motifs de liberté, d'idéologie, de linguistique, d'hypocrisie, d'opportunisme, de racisme, de sous-estimation, et de scepticisme, je ne pus pas développer La Nouvelle Poésie et faire publier l'œuvre AMEN non plus au XX siècle. 

 

Malgré tout, l'œuvre AMEN n'est pas morte, au contraire, elle a grandit. Et maintenant, cette œuvre poétique, toujours sous le mouvement de La Nouvelle Poésie, comprend plus d'un livre.

 

Cependant, la plus grande entrave dans le développement de mon travail poétique, et qui nourrit, effectivement, la plupart des dits motifs d'opportunisme, de racisme, de sous-estimation et de scepticisme, c'est que, linguistiquement parlant, mon œuvre en vers est écrite en Français; mais il y a deux causes qui ont permis ou plutôt qui ont provoqué que l'expression ou l'écho de ma pensée poétique soit écrite en français, bien que le projet de la Nouvelle Poésie ait été conçu comme un dessein polyglotte:

 

1.       L'aspect génétique du langage et dans l'inspiration poétique, étant donné que dans mes gènes, ou mes cellules portant de l'information génétique, il doit y avoir de l'influence de mes ancêtres, car il y en a qui sont d'origine française. Et cet aspect psychogénétique du langage (au niveau de la langue) était renforcé par le fait que je n'avais jamais mis les pieds dans aucun pays étranger, notamment francophone,  jusqu'au 11 Janvier 2001, alors que je quittai Cuba par des raisons politiques et m'établis aux Etats-Unis comme réfugié politique.

 

2.       Mon niveau linguistique en langue française, étant donné, non seulement que je me sois diplômé dans l'Université de la Havane en Linguistique Française, mais, surtout, que je travaillai comme professeur de Français pendant 30 ans à Cuba, bien que mon penchant pour écrire des poèmes en français ait commencé même avant de devenir enseignant de la langue d'une partie de mes ancêtres.

 

 

 

 

 

*Lire "Le rêve du Papillon" ou AMEN II sous La Nouvelle Poésie

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 03:45

 

France

 

 

 

Gloire au 14 Juillet

Qu'autrefois, un jour, 

La paix

Nous offrit, sans retour!

 

Je t'en honore

Et t'en bénis

Et en offre au Lord

Cette fleur jolie!

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 04:54

 Au-dela.png

Et maintenant, permettez-moi de vous présenter, chères amies et chers amis, la couverture  idoine et convenable que je viens de créer pour mon roman d'après des faits réels, et dont je viens de modifier le titre: « Au-delà d'une Aventure: Un Amour ».

Il y a presque cent ans, Léon et Geneviève s'en aimèrent l'un l'autre avec un amour très profond. Malheureusement, le destin les sépara pour me donner, des décades plus tard, tous les deux déjà morts alors, la force spirituelle pour les unir à jamais dans cette histoire, et belle et triste. Ils ont laissé un fruit commun à Cuba, le fruit de leur passion sans barrière: leur fille Rose qui ne connut jamais son père que par des photos reliques!

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 03:58

 

Tinosa-copie-1.png

 

Canailles qui comme vautours

Dans le ciel alors déjà gris

Rodent en attendant leur tour

Pour déchirer mon âme encore en vie

 

Et on en voit d'autres dans cet arbre

Sous un temps maussade, sans feuilles,

Cachant leur désir infâme et macabre

En laissant partout tous en deuil!

 

Oiseaux qui agissent sans égard

Et sans pitié pour la joie d'autrui

Volent encore, dans leur regard

Cette haine indue qui tout détruit!

 

Mais un jour, canailles oiseaux,

Le ciel alors plein de colombes,

Comme autrefois, tout sera beau,

Et sans début précoce, nos tombes !

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 00:05

En écrivant l'article « La Nouvelle Poésie, une Poésie pour tous », j'ai commencé à vous montrer le contenu de mon œuvre AMEN dont, par la suite, j'écris la Préface et la Dédicace. Il faut vous dire que j'ai déjà écrit des poèmes du livre AMEN apparus dans le chapitre Miséricorde: Requiem pour un Ami  et Fuite de l'Enfer en Bateau Rare.

A bientôt!

 

 

 

rrosa

 

 

 

Préface

 

 

Cher lecteur:

 

Ce que je vous offre ici,

C'est quelque chose de moi-même,

Un livre, un simple poème

Qu'avec amour je vous écris.

 

J'y parle de tout, mais peu,

Du monde beau, mais confondu,

S'égarant dans son univers, ému,

Et vivant, qui bouge, sans feu.

 

Mais j'y parle tout de même

Et honore la Belle de toujours,*

Créée une fois avec amour,

Qui en souffrant, nous aime.

 

Et en aimant, elle pèche

Parce qu'ainsi créée elle fut;

Pour que dans son autel, nue,

Et sans loi, elle prêche.

 

J'y parle de vous, Monsieur,

Et de vous, ma chère dame,

Et d'elle, si fragile, si femme,

Vivant tous sous nos cieux.

 

Et amis, je vous persuade

D'aimer, non comme elle,

Faite exprès pour être belle,

Que de haïr je vous dissuade.

 

Et de longs ans de poésie

M'y envahissent, que je reçois,

Malgré ces durs temps, avec joie,

Où je parle de la triste Jolie.*

 

Ma poésie n'est nouvelle,

Car j'imite d'autres inspirés

Qui face à cette jolie née,

Aussi s'inspirent en elle.

 

"Ne me laisse pas tombé en luxure

Et délivre-moi de ce doux mal

Qui me rend comme animal

Face à l'œuvre impure"*

 

Toi, Maçon de l'univers glorieux,

Tout immense et infini,

Le péché niche dans la jolie.4

Soient beaux ou non les cieux.

 

"Si Tu l'as joliment créée,

Tu l'en aurais détruite alors,

Pour qui peu existe l'aurore;

Il n'existe que le lit défait."

 

Lui, Il nous pardonne et enflamme,

Notre chemin de péché toutefois,

Qui pour le Verbe fit la Croix

Et pour l'homme, hélas, la femme!

 

Et nous tous, Il nous fit.

Tels nous sommes, pécheurs,

Fragiles comme une fleur

Qui sans amour, hélas, flétrit!

 

 

*Lire "L'Impure" dans Femme ou AMEN III, sous La Nouvelle Poésie


 

 

Dédicace

 

 

A nous, Césars,

Bons pèlerins,

Et à Toi, Divin

Qui nous viens

Sans retard!

 

A nous, que la nuit

Couvre et cache

Derrière l'oubli,

En attendant, qui luit,

Le Soleil sans tache!

 

A nous, non égaux,

Pourtant pareils,

Que le péché émeut,

Et du Ciel, l'eau

Et le feu

Du Soleil!

 

A nous, imparfaits

Issus de la femme,

Et dont l'âme

Egare la paix!

 

A nous!

 

A nous, Césars, les fleurs,

Et à Toi, Seigneur,

Et aux martyrs, et leur parfum,

Et aux chrétiens,

Tous pécheurs,

Et imparfaits humains!

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 09:01

 

 

 Genevieve.png 

 

 

 

 

Le 18 Janvier 1921, de l'aérodrome de Columbia, comblé d'un nombreux public qui s'était donné rendez-vous depuis tôt le matin avec l'histoire de l'aéronautique, le «Goliath» décolla de La Havane avec son courrier pour initier son vol vers la ville de Santiago de Cuba, qui se trouvait à 970 kilomètres de distance. Etant donné le mauvais temps qui régnait dans presque tout le pays, le vol eut lieu avec un seul passager accompagnant les frères Coupet. On avait prévu un très mauvais temps dans la région centrale de Cuba. Là-dessus, Carlos Baret, Directeur du Bureau de la Météorologie de La Havane, avait reçu le compte rendu sur le temps qu'il faisait dans cette région et ses environs de la part de Gerardo Gutierrez, détaché militaire de la région de Camagüey et de Santiago de Cuba, qui résidait cependant dans la Ville de La Havane et qui avait été nommé le conducteur du courrier Havane-Santiago de Cuba. Gerardo Gutierrez était le passager qui voyageait dans le « Goliath » lors de ce premier vol de courrier de l'histoire aéronautique et de la poste de Cuba.

   Tout le monde ne parlait d'autre chose que du vol du «Goliath» vers Santiago de Cuba. On en savait plus au moins l'heure du départ. Des habitants des quartiers de La Havane au-dessus desquels le «Goliath» volerait étaient dehors, dans les rues. Ils étaient tous tout oreilles pour écouter le bruit de ses moteurs et le voir se déplacer dans l'air vers l'Est de Cuba. Et la plupart de ces «spectateurs» le virent passer, gaillard et orgueilleux, à travers le ciel cubain. Ils applaudissaient en voyant le géant aéroplane s'éloigner dans le ciel tandis que des garçons, grands et petits, sautaient joyeux. Beaucoup d'entre eux méconnaissaient que le temps n'était pas favorable pour ce vol.

   En volant alors vers le Sud-est, au moment où le «Goliath» se trouvait au-dessus de la province de Matanzas, une tempête sévère avec un vent violent et une pluie copieuse se présenta, offrant à Lucien Coupet peu de visibilité et l'empêchant de tenir le « Goliath » dans un vol stable. Sous cette circonstance, le «Goliath» fut obligé de descendre à une altitude de trois mil pieds jusqu'à ce qu'il arrive à la localité de Recreo, municipalité située dans la province de Santa Clara. Lucien et Léon gardèrent leur sang froid. Ils savaient que la vie les avait déjà mis dans des situations de danger extrême, tantôt durant la guerre, tantôt dans le vol du «Goliath» vers le Sénégal. Il va sans dire que Léon avait une confiance sans limite en son frère Lucien en ce qui concerne la conduite du «Goliath», un avion fait pour voler en condition d'extrême difficulté. En ce moment, en plus, c'était encore le prestige de la Maison Farman qui était en jeu. Lucien et Léon avaient complètement oublié qu'il y avait un troisième passager dans le vol qui était resté assis dans l'avion sans laisser de regarder vers le dehors à travers les fenêtres.

   Tout en volant sous une pluie qui menaçait de tomber plus fortement encore, tant le ciel était couvert entièrement de nuages empêchant la visibilité de Lucien, celui-ci cherchait, sans perdre son aplomb, un terrain où il pourrait atterrir sans faire risquer leur vie et sans endommager le «Goliath». Tout autour était si nuageux qu'il faisait presque nuit, sauf quand les constants éclairs aidé Lucien à diviser le sol. Il n'y avait que des plantations de cane à sucre partout. Malheureusement, ces plantations n'avaient pas encore été coupées.

« On ne voit rien en bas, Lucien. Il pleut trop fort. Il paraît qu'il n'y a que de la cane partout. Tu crois que tu pourras t'en tirer? », demanda Léon à son frère en se souvenant de la chute de leur avion  à Trêve dans la guerre, cette guerre où il avait failli périr en deux occasions, sans qu'il ait oublié leur odyssée saharienne.

« On va s'en tirer, mon vieux! Par bonheur, il n'y a pas de palmerais par là; autrement on serait foutu, tu vois! On a de la chance quand même! »

Le « Goliath » survolait un « Batey », une petite communauté de coupeurs de cane à sucre, de paysans et d'autres personnes, où il y avait même de petits marchants et camelots qui vendaient des marchandises variées.  Tout à coup, malgré la pluie et si peu de visibilité, Lucien aperçut une clairière un peu plus loin où il paraissait qu'il n'y avait pas de cane à sucre et des palmes non plus. Déjà proche à ce terrain qu'il croyait bon pour essayer de se poser, il se rendit compte que c'était une plantation dont les canes à sucre avaient été coupées, peut-être récemment. Il descendit davantage. Il voyait mieux alors. Les joints des canes coupées seraient un obstacle immense pour que l'énorme avion puisse atterrir sans s'en endommager complètement; en plus, la terre était mouillée et sans doute boueuse ce qui empêcherait que les roues de l'énorme aéroplane puissent glisser. En plus, les sillons du terrain aménagé en sillons pour planter les canes à sucre seraient catastrophiques pour le «Goliath», étant donné son poids. Mais il fallait atterrir coûte que coûte, mais sur un terrain convenable. Alors, il décida de se poser dans un billon qui soit assez large pour que le train d'atterrissage ne s'abîme pas. Il en trouva un qui semblait bon. Lucien était obligé d'y atterrir d'émergence. C'était en fait une plantation de cane qui avait été récemment coupée et récoltée, à travers laquelle il y avait un billon assez bon pour atterrir, surtout parce que le billon se trouvait parallèle au vol du «Goliath». C'était une plantation de canes qui se trouvait à un kilomètre du « Batey » à peu près. La plantation de cane à sucre sans avoir été coupée aurait indubitablement empêché que le «Goliath» ait pu atterrir dans un billon. Les ailes de l'énorme avion auraient atteint les canes à sucre sur les deux côtés du billon bien que celui-ci paraisse assez large pour s'y poser. Favorablement, le passage constant par le sillon des bœufs tirant les charrettes chargées de canes à sucre et des coupeurs de ces graminées compactait la terre considérablement, permettant que l'eau coure et s'en aille, et empêchant donc que le sol devienne trop boueux. D'autre part, en ce temps de l'année, Cuba subissait de la saison sèche, époque favorable pour le coupage de la cane à sucre. A Cuba, il ne pleuvait pas si copieuse depuis le mois d'octobre.   

«Tiens ferme! On y va! », dit Lucien.  

« On descend ici, Monsieur Gutierrez. Tenez bien! Ça va marcher. On va s'en tirer », dit Léon à celui-ci qui ne répondit pas.

La terre était si sèche et compactée que le «Goliath» atterrit sans trop d'encombrements. L'avion roula quelques cents mètres tout au long du billon en aspergeant de l'eau de pluie qui s'était stagnée là. L'expérience de Lucien Coupet qui avait effectué tant de vols de bombardements nocturnes dans la guerre et l'atterrissage périlleux qu'il avait mené à bout, quand son F-40 avait été descendu par le feu de la D.C.A. à Trêve, était incontestablement vaste. En plus, «l'odyssée» que Lucien et Léon avait eue dans l'amerrissage forcé dans la « Plage Goliath», lors du vol Paris-Dakar, leur avait permis d'affronter leur atterrissage d'émergence dans la plantation de cane à sucre sous une averse épouvantable avec du sans froid et de vaillance, démontrant la capacité, l'adresse, l'habileté et la maîtrise de soi-même de Lucien Coupet dans des atterrissages dangereux.           

   Déjà hors de danger dans cette localité  de la municipalité de Recreo, Lucien, Léon et Gerardo descendirent du « Goliath ». La pluie avait diminué mais il tonnait toujours. Ils virent que l'avion ne s'était pas endommagé. Une fois encore il était démontré la puissance aéronautique du « Goliath ». Lucien et Léon montèrent dans l'avion tandis que le militaire Gerardo se rendit au « Batey » pour chercher de l'aide. Il en retourna une heure plus tard, accompagné par un caporal et trois soldats, tous montés à cheval. Alors Lucien décida d'aller jusqu'à Recreo qui, selon le caporal selon le caporal, se trouvait à trois kilomètres de là. Alors, Lucien et Léon prirent deux chevaux des soldats que caporal leur avait aimablement donnés, et se rendirent au bureau de poste, alors que la pluie avait déjà cessé. Dans leur trot vers Recreo, étant donné qu'ils ne connaissaient  pas la zone et qu'il pleuvait encore, ils firent une halte dans un autre «batey» où l'on leur offrit du café chaud. Ce café chaud par un jour pluvieux leur vint à merveille. Quand ils arrivèrent à la zone urbanisée de la localité, Ils furent reçus et traités très bien par le Directeur de l'entité postale et par des autorités de Recreo. Quant au «Goliath», le caporal et les soldats étaient restés à sa garde. Des gens qui habitaient dans le «batey» étaient venus sous voir le «Goliath» dans la plantation de cane à sucre malgré le mauvais temps!

   Après avoir reçu la correspondance dans cette agence de poste, Lucien et Léon furent informés par Gerardo Gutierrez sur la situation météorologique régnant à Santa Clara, Camagüey et Santiago de Cuba pour entreprendre le vol vers Santa Clara

   Suivant le bulletin sur l'aspect climatique, il faisait mauvais temps à Santa Clara, surtout pour toute activité aéronautique. Toutefois, les frères Coupet savaient que le «Goliath» s'en tirerait comme il faudrait.

« J'ai faim, mais je préfère me reposer un peu», dit Léon à Lucien alors que tous les deux se rendaient à une auberge à deux étages, à Recreo, où Gerardo Gutierrez leur avaient procuré une chambre. Ainsi, fatigués par un jour si agité, ils arrivèrent à l'auberge. Une fois dans la chambre, ils prirent une douche, l'un après l'autre.

Ils eurent de la chance que la chambre qui leur avait été gardée se trouve en bas. Les hôtes des chambres d'au-dessus ne pouvaient pas se doucher, car l'eau n'y montait pas.
« Que c'est bon une douche tiède après tant de fatigue! », s'écria Lucien.

«Tu parles! », dit Léon en se jetant sur le lit.  Avant de se coucher, quand même, les deux français avaient pris une tasse de café au lait chaud.

Alors, donc, après un repos que Lucien et Léon méritaient, et durant lequel ils mangèrent quelque chose, accompagné par Gerardo Gutierrez, ils montèrent sur une charrette à passagers tirée par deux mules, qui les emmena de retour vers le billon où le «Goliath» les attendait. Le «Goliath», alors encore en bon état technique, et après qu'on avait utilisé les deux mules pour le faire reculer quelques dizaines de mètres, décolla sans difficulté depuis le billon grâce à ce qu'en ce temps de l'année le vent souffre souvent du nord ou du nord-ouest. Cette position du vent aida à ce que l'avion décolle sans nul inconvénient permettant qu'il continue le vol à une heure de l'après-midi pour atterrir à deux heures et demie, un peu plus d'une heure plus tard, dans la province centrale de Cuba, Santa Clara, où ils furent reçus par les messieurs Rangel, Coronel de l'Armée et Cervantès, capitaine de la même institution militaire. L'équipage du «Goliath» était fortement doué pour avoir pu atterrir à Santa Clara, sous un vent très violent qui battait tantôt depuis le Nord, tantôt depuis le Nord-ouest. Dû à l'instabilité du vent, Lucien Coupet décida de poser le «Goliath» sur un terrain ouvert sans arbres ni broussaille, que les gens fréquentaient pour jouer au «baseball», et qui se trouvait à quelques centaines de mètres de la zone urbaine de Santa Clara. Il ne pleuvait pas quand l'avion français y atterrit doucement. Un caporal et deux soldats restèrent en garde pour surveiller et protéger le «Goliath» et le courrier, tandis que les intrépides français logèrent dans l'hôtel Santa Clara où ils demeurèrent jusqu'au lendemain. Lucien et Léon prirent un bain froid, ils s'y reposèrent longuement avant de manger quelque chose. De son côté, Gerardo Gutierrez resta dans uns institution militaire.

   Le 17 Janvier 1921 à six heures du matin, après avoir été renseigné par une dépêche envoyée depuis le Centre Météorologique de Camagüey, indiquant que le temps régnant était bon, Lucien Coupet décida de continuer le vol vers la région «Agramontine» à 7 heures vingt du matin. Lucien fut obligé de faire reculer le «Goliath» pour prendre élan et s'envoler. On utilisa deux mules encore une aussi pour pousser le «Goliath» et le situer dans une position convenable. A Santa Clara, Lucien et Léon n'avaient trouvé qu'une lettre de remise spéciale parce que le courrier avait déjà été envoyé vers la ville Santiago de Cuba dans la province d'Oriente, dans le train No 1 Havane-Santiago.

Lucien et Léon s'étaient assurés que tout l'aspect technique de l'aéroplane était en bon état. Ainsi, le « Goliath » décolla vers Camagüey devant le regard d'un grand nombre de personnes de Santa Clara, qui avaient accouru des très tôt pour voir un événement si fantastique. On ne pouvait pas s'imaginer comment an appareil si énorme, similaire à un autobus, puisse prendre vol comme un oiseau et se tenir dans l'air!

Le «Goliath » une fit un halte à Camagüey où il arriva à 9 heures 45 minutes du matin, un peu plus de deux heures après. Lucien et Léon descendirent du «Goliath» pour prendre le courrier et dégourdir un peu les jambes. Vers une heure de l'après-midi, Lucien et Léon déjeunèrent à Camagüey. Bien que Léon ne fumes pas, il alluma un énorme Partagas qui lui donna le mal de mer pour quelques minutes.

L'énorme aéroplane décolla une heure plus tard, le premier «Jumbo» de l'histoire, en emportant le courrier pour Santiago de Cuba. Dans cette occasion, étant donné que le mauvais temps avait déjà disparu, quelques passagers abordèrent le «Goliath» dans son trajet vers Santiago de Cuba. Quoique ce soit la première fois que ces «camagüeyiens» allaient voler en avion, et dont plusieurs n'avaient appris sur le «Goliath» qu'à travers les journaux, ils n'eurent pas peur de l'aborder. Le fait que cet avion soit venu en volant depuis La Havane sous un temps climatique qui n'était pas bon pour qu'un avion puisse décoller, se tenir dans l'air et atterrir, leur avait donné de la confiance, confiance qu'ils avaient en l'équipage du «Goliath».

Pendant le vol vers Santiago de Cuba, il régnait un temps splendide avec un soleil radiant dans son zénith. Vers le sud, les montagnes de la province d'Oriente se voyaient imposantes.

«Regarde, regarde, quelle montagne si haute! », dit avec admiration l'un des passagers en signalant vers le lointain à travers l'une des fenêtres du « Goliath » tandis que celui-ci volait justement sur le fleuve Cauto, à une hauteur de 5000 pieds à peu près, dû aux montagnes de la zone.

« Ça c'est le Pic Turquino », dit un autre passager qui semblait orgueilleux de donner preuve de ses connaissances sur la géographie orientale de Cuba. « Le Pic Turquine était la montagne la plus haute de Cuba », finit par dire le passager, tandis qu'il continuait à regarder le panorama si beau qu'on voyait dans toute la région montagneuse depuis le « Goliath » alors qu'il volait vers le berceau du Boléro et du rhum Bacardi.

La ville de Santiago de Cuba était presque toute entourée de montagnes. L'autre partie était bordée par la mer. Pour essayer d'atterrir dans cette ville, il était sans aucun doute un défit pour n'importe quel pilote, notamment pour un pilote méconnaissant la géographie cubaine. Pour parvenir à Santiago, Lucien s'éleva à une grande altitude pour survoler cette zone montagneuse et descendre de l'autre côté, vers la ville. Il était obligé de survoler au-dessus de la ville et voler vers la mer. Sur la mer, il devait faire un virage de 180 degrés et retourner vers la ville pour atterrir dans un terrain que Lucien Coupet et Guy de Roig avaient préalablement aménagé pour l'atterrissage du «Goliath», parce qu'il n'il n'y avait pas d'aérodrome par là. Ainsi Lucien parvint à se poser à Santiago sans la moindre difficulté, après avoir affronté plusieurs heures de péril depuis le départ du «Goliath» de La Havane.

   Le «colossal» Farman F-60 atterrit dans la ville «Santiaguera» à 3 heures 45 de l'après midi. Lucien et Léon furent reçus par l'administrateur du bureau de poste, le chef des télégraphes, par des employés qui se trouvaient en jour de congé, et par un public nombreux. La plupart des curieux avait accouru à «l'aérodrome» où le «Goliath», c'est-à-dire cet «Appareil Volant Imitant les Oiseaux Naturels», avait atterri et se reposait d'un voyage si long et périlleux. L'accueil du «Goliath» à Santiago, la deuxième province de Cuba du point de vue culturel et économique, fut spectaculaire.

   Comme il arrivait dans chaque endroit où l'immense aéroplane se posait, une grande multitude courait contempler un si énorme appareil volant. C'était tout un festival malgré le mauvais temps. Beaucoup de personnes n'aient même pas allés travailler pourvu de ne pas perdre cette attraction unique.

   Le jour où le «Goliath» devait quitter Santiago de Cuba, on dirait que ce fut un jour de fête. Les santiagueros étaient des gens très joviaux et chaleureux. Ils étaient voire même très accueillants. Les frères Coupet eurent du mal à quitter cette ville. Partout on écoutait des «congas», surtout la «Conga du Coucouÿé». Ce fut la deuxième fois que les frères Coupet burent du rhum durant les escales du «Goliath» dans son vol vers Santiago de Cuba. La première fois, ce fut à Recreo. A Santiago, ils burent du rhum Bacardi, de grande exquisité. On avait fait cadeau aux Coupet de quelques bouteilles de ce rhum, produit génuine de cette ville. Ce qui avait attiré l'attraction de frères Coupet, c'était avec combien d'admiration et d'orgueil les gens de Santiago de Cuba parlaient du mulâtre Antonio Maceo, l'un des grands généraux dans la guerre d'indépendance cubaine; peut-être c'était pour démontrer ils avaient aussi un grand héros qui était mort en combat le 7 Décembre 1895. Lucien et Léon restèrent quelques jours à Santiago en pleine jouissance. Ils eurent l'opportunité de monter dans la « Grande Pierre ». A un moment donné que Lucien dut rester en ville pour des motifs de protocole, Léon profita pour visiter l'église de la « Vierge du Cuivre », « La Sainte Patronne » des cubains, d'après Geneviève, Ochun, sa protectrice. 

   L'avion décolla vers La Havane pour mettre fin à une autre épopée aéronautique. Quelques uns, en voyant le «Goliath» décoller et s'éloigner dans le ciel, se firent le signe de la croix dans leur front. La plupart des spectateurs étaient restés bouche béante jusqu'à ce que le «Goliath» disparaisse derrière les nuages et les montagnes.

   Le temps de vol du «Goliath» depuis La Havane jusqu'à Santiago de Cuba avait été de six heures et quarante neuf minutes, sans tenir compte du mauvais temps, et du temps perdu à cause de l'atterrissage forcé à Recreo et à Santa Clara. La vitesse moyenne de vol fut de 180 kilomètres à l'heure, tandis que l'altitude moyenne fut de 2,300 pieds, sauf aux approches de la région montagneuse de Santiago de Cuba, et sous une température de 10 degrés.

   La Compagnie Aérienne Cubaine reçu des nouvelles très louables de la région orientale de Cuba où se trouvait le gigantesque avion «Goliath» dont le trajet jusqu'à Santiago de Cuba fut écho de la presse qui fit des commentaires flatteurs de ce long voyage.

 «C'est avec un grand plaisir que je vous informe que les frères Coupet ont démontré une sérénité de sang froid dans le périlleux vol, épreuve évidente de leur vastes connaissances dans le domaine de l'air», s'exprima respectueusement Gerardo Gutierrez, conducteur du courrier Havane-Santiago de Cuba, qui avait voyagé dans le «Goliath» depuis son départ de l'aérodrome  Columbia de La Havane et qui avait été témoin vivant de toutes les péripéties et les exploits du «Goliath» durant son vol tout au long de l'Ile cubaine, le premier vol de longue distance dedans un pays Latino Américain.

   Tandis que le «Goliath» continuait son séjour à Santiago de Cuba sous les soins et entretien de son pilote et son mécanicien, les frères Coupet, et que Lucien amena de retour quelques jours après en volant 970 kilomètres jusqu'à La Havane en presque 7 heures, volant à une altitude de 700 mètres, l'autre «Goliath», de la même capacité, envergure et force, était resté à faire des vols chaque jour depuis l'après-midi jusqu'aux premières heures du soir, sous la direction de Guy de Roig. Cet «Goliath» décollait sans aucune difficulté depuis l'aérodrome de Columbia, en menant en excursions heureuses et plaisantes de nombreux et joyeux passagers, parmi lesquels on mentionne, tout ensembles avec Georgine Menocal, la fille du Président, Elsa de la Torre, José L. Piedra et Señora, Carlos Fonts et Junco, Cándido Romo, Moisés Esquenozi, Roberto Matalón, Prudencia Gutiérrez, la femme de Gerardo Gutierrez, le conducteur du courrier Havane-Santiago de Cuba, ainsi que Ramón Balot, Benigno et Manuel López, Ismael Villanueva, Demoiselles Mireya Álvarez, Dolores Pérez, Margot Rodríguez, Antonio González, et Pelayo Pérez.

   La Havane continuait à être tout un festival aéronautique, et l'aérodrome de Columbia était toujours le centre de distraction et d'émotivité le plus visité. On n'y parlait que du «Goliath» et des pilotes français.

Par ailleurs, d'autres passagers de La Havane faisaient des voyages individuels dedans la périphérie de La Havane dans les modernes avions Farman F-40, qui avait déjà démontré leur capacité et «maniabilité» de vol pendant la guerre.

   En 1914, la Maison Farman avait créé le Farman MF, avion biplan d'observation de 9,48 mètres de longueur et d'une surface de 52 mètres, avec un moteur de V-12 Renault de 80 chevaux. C'était un avion qui volait à une vitesse de 118 kilomètres à l'heure et avait un poids à vide de 620 kilogrammes, tandis que son poids maximum brut était de 948 kilogrammes. L'un des Maurice Farman, le MF-7, montra sa grande capacité dans le front de bataille dans la Première Guerre Mondiale, alors qu'il équipait seulement les escadrilles françaises et anglaises depuis Septembre 1914 jusqu'à Juin 1915. Ce Farman MF devint le Farman F-40, qui avec grande maîtrise et habileté, Lucien Coupet et Guy de Roig firent gala de ces appareils en volant dans les cieux de Cuba, tantôt dans la ville de La Havane que dans la ville de Bahia Honda

   Les établissements de l'aérodrome de Columbia, voisinant avec des quartiers de vaste population, étaient sans nul doute un grand centre de distraction et de loisir tellement fréquenté qu'on aurait pu dire sans se tromper que c'était la première foire de Cuba. C'était un spectacle sans égal. Voire la famille présidentielle était fréquemment vue dans cet endroit, surtout Marianita et Georgine, l'épouse et la fille du Président Menocal. «Elle avait plus de chaussures que des robes», racontait souvent Geneviève qui accompagnait la distinguée Première Dame de la République, Marianita Menocal, durant ses promenades aériennes au-dessus de La Havane. Madame Menocal se sentait un peu craintive chaque fois qu'elle se décidait à voir le capital depuis le haut, «flottant dans l'air». Elle ne montait pas dans le Farman F-40 ou dans le «Goliath», si Geneviève ne l'accompagnait pas pour que celle-ci la tienne par le bras. « Qu'est-ce que c'est que ces petits carreaux blancs qu'on voit là-bas, en bas?», demanda-t-elle une fois. C'étaient les tombes du cimetière «Cristobal Colon», au-dessus duquel volait l'avion. «Partez seule, allez, allez!*» s'écria-t-elle quand elle apprit ce que c'était.

   Peut-être, étant donné l'émotion de se voir dans une hauteur si élevée et éloignée du sol, dedans quelque chose que rien ne tenait dans l'air, elle trouvait chez la svelte Geneviève, de personnalité singulière, un appui de soulagement et de sympathie. C'était pourquoi, elle ne volait pas sans Geneviève dont la présence dans les établissements de l'aérodrome de Columbia, au-delà de sa besogne dans la cantine était comme un stimulus d'allégresse et d'enthousiasme non seulement pour ceux qui jour après jour se rendaient à Columbia pour l'entretien et fonctionnement des avions de la Compagnie Cubaine d'Aviation, mais surtout pour la plupart de la population de la race noire, notamment les enfant et les jeunes de cette race, qui venaient de tous les coins de la capital à l'aérodrome de Columbia où ils se sentaient heureux en jouissant de cet événement si fabuleux et populaire.

   Dans la cantine, Geneviève avait une petite malle dans laquelle elle avait quelques robes qu'elle disait élégantes et qu'elle mettait quand on l'avertissait de la présence de Marianita. En certaines occasions, c'était Léon lui-même qui la mettait au courant de la présence de la Première Dame à Columbia. Le fait était qu'il lui plaisait de la voir habillée avec une de ses robes accompagnant l'épouse du Président Menocal. Néanmoins, elle se voyait très attractive dans son habit quotidien qu'elle mettait pour travailler, quelque chose de léger, trop léger même, à cause de la chaleur dans la cantine. Parfois, Gregorio, son mari, lui demandait qu'elle mette quelque chose au-dessous de sa blouse ou de sa robe, sur sa poitrine, si voluptueuse.

 

 

 

 

 

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 05:54

  

 

Diana 

  

Un jour, c'était plutôt la nuit,

Alors qu'encor je rêvais

De l'amour et de la paix,

Il me vint un vieil homme, sans bruit,

A qui je montrai mon rêve, quelle énigme!

 

Il le regarda et me sourit tout beau.

«C'est simple, rêveur; ce n'est qu'un mot,

Me dit-il, un mot magnanime,

Qui rendra réalité ton joli rêve».

 

Je pensai à une fleur, au Bégonia,

Signe d'amitié cordiale, ou au Gardénia,

De la sincérité même, et sans trêve,

Je cherchai et ailleurs et dans mon âme,

Et d'emblée, tel s'unissent la nuit et le jour

A l'aube, s'unirent les mots paix et amour,

Et en surgit un vocable unique: femme!

 

Ce poème, Femme appartient à mon livre inédit de poèmes "Femme", ©.

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 06:03

 

Il y a déjà plus de cinquante ans, la culture cubaine ne corresponde plus au développement naturel et écologique du peuple cubain, due au changement brusque qui eut lieu en 1959, après une lutte armée sanglante entre les cubains. Par la suite, ce changement fut orienté vers le socialisme et une nouvelle culture fut imposée aux cubains, la culture bolchévique. La population cubaine en fut bouleversée totalement. Les cubains commencèrent alors à quitter le pays par l'oppression et par le manque d'opportunités pour ceux qui différaient des partisans de la Révolution. Le peuple cubain, historique et écologiquement monolithique, commençait à se fragmenter.

Cuba, étant un pays sans frontières naturelles avec d'autres terres, posait un risque pour ceux qui avaient décidé de quitter l'Ile parce qu'il fallait franchir la mer pour échapper à l'oppression. Beaucoup en moururent dans la tentative.

 

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Un jour, deux amis à moi, François et Sire, étant à peine âgés de 18 ans, nous quittèrent. Par malheur, ils se perdirent dans la mer où beaucoup de cubains ont trouvé leur dernière demeure. Pour mes deux amis qui ne trouvèrent jamais de rives, j'ai écrit un poème qui apparaît dans le livre « Amen », qu'apparemment l'Eglise Catholique Cubaine fut disparaître pour empêcher qu'on en connaisse le contenu.  Ce poème fait partie du chapitre « Miséricorde » du livre « Amen ».    

 

 

  

Requiem pour un ami

 

    

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Sans vouloir hasarder la mort

Quand tu en allais au devant,

Alors que tu volais au gré du vent,

Tu nous as quittés non sans tort,

 

Tu es parti sans pleurs, non sans foi,

N'étant pas un téméraire,

Mais sans fleur ni croix,

Et sans dire adieu à ta terre.

 

Comme la lune semblait lasse

Dans ce ciel-là, sans une étoile,

Quand tu as pris, hélas,

Vers la nuit, le voile.

 

De la mer presque obscure,

La lune alors dans le haut,

Il te parvenait tel un murmure

T'appelant sans délai vers l'eau.

 

Que t'a-t-il contraint

A quitter ta terre de droit,

Où tous comme un seul humain,

Par le travail, seraient des  rois?

 

Et te voilà comme une épave

Sans but, à la dérive,

 Sans qu'aucune vague n'entrave

Ta danse sans repos ni rive.

 

Autour de toi, tout est quiétude,

Silence; et tu ne te plains

Ni de cette rare solitude,

Ni du soleil ni de la faim.

 

Tantôt sous la pluie

Qui tombe sur ton corps;

Tantôt sous la nuit

Qui le refroidit plus encore.

 

Mais de vague en vague

Tu tiens ta danse;

Et de vague en vague,

Tu payes ta vaillance

Etant entré dans la mer

A la recherche d'un paradis,

Mais un sort amer,

Hélas, t'a trahi!

 

Tu pensais, je crois,

Y trouver, qui sauve, la paix,

Ta renaissance et ta joie,

Je veux dire, ton trophée.

 

Et ton corps n'est plus le même,

Que voilà gisant plutôt,

Ni le but celui que tu aimes,

Condamné sur cette bière, sur l'eau,

Qui, comme des millions de mains,

Soutient ta barque perdue,

T'éloignant du monde des humains,

Vers une terre inconnue,

Mais sans aucune frontière,

Où les femmes et les hommes 

Partagent la même lumière,

N'étant plus ce que nous sommes.

Or, tu ne cherchais pas celle-ci

Quand tu courais vers la mer

Avant de quitter ton monde joli

Où le cœur des vivants, comme fer,

Bat cruel et insensible,

Leur manquant, qui sauve, du feu,

Car y est à peine possible

L'amour sans fin entre deux!

 

Et sans une fleur

Et sans aucun adieu,

Mais sans pleurs,

Vers d'autres cieux,

Sur les eaux ondulées,

Seul sans joie et sans retour,

Sur ton nouveau foyer,

Tu dors pour toujours!

 

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Triste barque

Où à jamais tu dors,

Sans regard ni remord;

Et sans que tu remarques

Que la mer est plus sainte

Par tant de fleurs "épavées",

Mais non pour autant égarées:

La mer s'en embaume sans plainte!

 

Oh, Divine Vierge "Yemaÿa",

Patronne souveraine des eaux

Des mers et des océans,

Non des fleuves ni des rivières,

Et même non plus des ruisseaux,

Abrite dans ton céans

Et purifie par ta lumière,

Celui qui n'a plus de maître,

Ailleurs venant de naître,

      Où à jamais il aura son alléluia!      

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 02:38

 

 

Récemment, j'ai publié le poème « Bateau Rare ». Ce poème appartient au chapitre « Miséricorde » de mon livre « Amen » ©. Ce chapitre est dédié à ceux qui ont perdu leur vie dans la mer en cherchant d'autres horizons sous lesquels ils pourraient avoir une vie différente, plus humaine et pleine d'espoir.

  casket without top

 

Depuis le début de l'être humain, les hommes meurent dans la mer due à leur condition humaine en tant que nomades ou migrateurs.

Une des caractéristiques des régimes totalitaires est celle d'empêcher ou interdire cette condition humaine, trait naturel écologique des humains. Seulement Dieu sait combien de cubains sont morts égarés dans la mer comme des épaves sans rives. Par les poèmes du chapitre « Miséricorde » Je demande miséricorde à Dieu pour ceux dont les âmes rodent encore de vagues en vagues sans qu'elles aient trouvé leur paix dans leur repos éternel!

 

 Jesus

 

Miséricorde

 

A l'inconnu Qui

Sans dire adieu aux siens

En laissant sa Patrie derrière

Pour chercher d'autres matins

Trouva dans la mer,

Eternel, l'oubli!

 

 

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Published by Angel R. Almagro (Angelange) - dans angelangelo.over-blog.com
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